Je reviens tout juste d’un gros week-end à Québec ; mes derniers shows aux VOÛTES NAPOLÉON, première boîte à chanson importante à me donner une chance en ville. Ce fut donc un week-end riche en émotions et plutôt symbolique pour moi.

J’étais supposé performer à partir de vendredi jusqu’à dimanche inclusivement, mais à cause de la tempête qui s’est abattu sur notre belle province dimanche soir, le bar a décidé de fermer ses portes.

Ma dernière soirée a donc officiellement eu lieu la veille (samedi soir), devant une foule accueillante et très enthousiaste. Ça faisait longtemps que les VOÛTES NAPOLÉON m’avait fait vibrer autant ! Et ce week-end, chaque geste, chaque instant, chaque chanson prenait un sens différent et solennel, c’est pourquoi j’en ai profité pour bien savourer ma « dernière ».

Merci à tous ceux qui sont venus m’encourager encore une fois ou qui étaient avec moi en pensées ! Ça me fait chaud au cœur de vous savoir présents pendant qu’une autre page de mon livre se tourne.

Aujourd’hui, en écrivant ces lignes, quelques instants refont surface dans ma mémoire...


SOUVENIRS DES VOÛTES

Premier soir aux VOÛTES NAPOLÉON, une sorte de test devant public. J’étais en entre-set d’un certain chansonnier que je ne connaissais pas, nommé Érick Picard, et qui faisait carrément lever la foule avec son jeu de guitare hallucinant.

Et moi, j’interprétais le rôle du petit nouveau à l’aube de ses vingt et un ans qui tremblait de stress assis au bar. Le jeune kid, accompagné par son père, qui paniquait en silence chaque fois que l’autre chansonnier entamait une chanson prévue dans son premier set. « Ah non ! Une autre en moins ! ». J’avais bien sûr préparé l’ordre de mes chansons les unes après les autres...



Flashback sur un de mes plus beaux jours de l’an à vie, celui qui nous amenait enfin en 2002 (l’après 11 septembre 2001...).

Je revois tout le monde debout, quelques minutes avant les douze coups de minuit, se tenant par les épaules et chantant avec moi à l’unisson HAPPY XMAS (WAR IS OVER) de John Lennon. Je n’oublierai jamais ce tableau de bonheur. J’avais la réelle impression que le monde s’était arrêté de tourner pendant quelques minutes pour faire la paix, la vraie paix.



Un soir d’automne, il y a près de deux ans, un certain Kevin Parent est venu faire son tour au bar comme ça, par hasard. Quel honneur pour moi de le rencontrer et de pouvoir jaser un peu avec lui !

Mais il se faisait tard, environ 2h45 du matin, j’avais déjà fini mon show et l’autre chansonnier terminait à son tour. Kevin me demande alors si ça me tente d’aller faire quelques chansons avec lui.

« Si ça me tente ?! Demandons au patron si c’est possible ! » que je lui réponds en me dirigeant vers Michel Gagnon en écrasant quasiment tout le monde sur mon passage tellement je me dépêchais ! Comme dans les belles histoires, le patron a bien sûr accepté. Moi et mon « pote » Kevin sommes donc allés jammer sur la scène.

Malgré l’heure de fermeture, nous avons chanté environ 45 minutes ensemble sous un tonnerre d’applaudissements et de cris des gens dans le bar qui étaient restés pour assister à ce moment unique.

De pouvoir chanter des chansons comme SEIGNEUR ou FATHER AND SON (Cat Stevens) en duo avec Kevin Parent, artiste qui m’a inspiré et dont j’admire l’œuvre, fut un cadeau hors de prix.



C’est ça qui est formidable avec les souvenirs. C’est de pouvoir les conserver, les raconter, les polir, les embellir, mais sans pour autant les surestimer en un idéal qu’on ne pourra plus jamais atteindre.

L’important est de se rendre compte que malgré les tempêtes, on en vivra encore des bons moments qui deviendront des souvenirs chers ! Ici ou ailleurs. Je n’idéalise pas les VOÛTES NAPOLÉON, il y a eu ses lots de moins bons moments, mais je préfère me rappeler du meilleur, de ce qui m’a aidé à progresser.

Un sincère merci à Michel, David, Fred, Karen, Karine, Mylène, Catherine, Mathieu, Jonathan, Isabelle, Vincent, Dale, Sylvie, Marion et tous les autres employés, clients et chansonniers qui ont laissé une partie d’eux dans ce bar et qui habiteront mes souvenirs. Merci pour votre complicité et toutes les belles soirées !




SOUVENIRS DE CHEZ SON PÈRE

Je ne peux pas parler d’au revoir sans glisser un mot sur le bar CHEZ SON PÈRE. Ça me désole de constater que cette institution culturelle de la ville de Québec fermera ses portes le 1er janvier prochain ! Mais bon, je ne m’étendrai pas sur le sujet.

J’ai plutôt un autre beau souvenir en tête d’une vraie gang d’amis avec qui j’ai fêté le dernier party de Noël du staff, dimanche dernier, pendant que la tempête nous offrait un panorama féérique de la rue St-Jean à travers les grandes fenêtres du bar.

Je revois ces images de Lulu – alias Le King – chantant ses compositions à la guitare accompagné par Martine, Valérie, Geneviève, Maude et moi. Autour du bar, j’entends les rires d’Étienne, Thomas, Marie-Claude, Annie, Christophe et Dylan se préparant des drinks.

Un courant d’air frais s’introduit dans la place, alors que la porte s’ouvre pour laisser entrer Dominique et Andréanne, suivies quelques instants après par Luigi, Jean-Daniel & Annie avec leurs amplis, guitares, leur bonne humeur et leur manteau blanc de neige.

Et moi, pendant ce temps, de me dire à l’intérieur : « Ah! que ces moments là vont me manquer ! ».

À tout le monde, je vous souhaite un très JOYEUX NOËL ! Profitez bien de chaque instant: Il n’y a pas de moments ordinaires !


François Duchesne ;-)