Je viens tout juste d’aller porter en mains propres la demande de bourse à la Fondation du maire de Montréal à quelques heures seulement de la date limite. Et juste pour faire comme dans les films, où chaque seconde est décisive, mon imprimante a décidé de me lâcher alors que j’essayais en vain d’imprimer la version finale.

Une course contre la montre s’en est suivie, cherchant désespérément un centre de photocopie pour imprimer la demande complète en 3 exemplaires : j’étais Tom Cruise dans « Mission Impossible » courant en sens contraire de la foule avec son sac à dos, son passeport, sa brocheuse (!) et sa face de panique en sueur dans le grand Montréal. Il ne fallait pas manquer le bateau : GE et moi avions tellement travaillé sur ce dossier et nous avons tellement besoin de ce financement que l’enjeu était primordial!

Et juste à temps, après avoir blasphémé quelques fois après la photocopieuse (je l’avoue, moi et les machines...) et classé tous les documents correctement, je me suis finalement rendu au bureau de la fondation à la Place Jacques-Cartier afin de déposer ma demande.

La musique de suspense s’est arrêtée à cet instant, partout on entendait mon grand soupir de soulagement et de satisfaction. Parfois, on dirait que ma vie doit être comme dans un film - pas toujours celui que je souhaite par contre. Aujourd’hui, j’étais dans un film d'aventures dans le style : « Franki tente de se déprendre » ou encore « La technologie VS Frankiboy ».

En sortant, j’ai savouré la douce journée hivernale (que je n’avais même pas remarqué!) en me promenant tranquillement sur la rue St-Paul dans le Vieux-Montréal. Je flânais au hasard en regardant les vitrines et l’architecture des immeubles et devenais enfin la principale vedette d’un film rempli d’espoir à la « Amélie Poulain ».

En revenant chez-moi, je me moquais presque intérieurement des gens qui couraient après leur métro en grimaçant de stress. Comme quoi j’avais déjà oublié mon dernier épisode! Maintenant dans ma tête, j’entendais cette merveilleuse chanson des Beatles reprise par Aimee Mann & Michael Penn : Two Of Us et j’étais libre.

Une page de tournée. Maintenant, la décision ne dépend plus de nous, on a réellement fait du mieux qu’on pouvait alors on se croise les doigts et on continue de travailler sur l’album. J’ai un bon espoir qu’on va obtenir cette bourse, car je sais au fond de moi que ma vie n’est pas un drame, mais plutôt un « feeling good movie » ;-).

D’ailleurs à ce sujet, il faut absolument que je revienne quelques instants sur le spectacle que j’ai présenté à Québec dimanche dernier au Pub Galway. Un 5 à 7 bénéfice afin de récolter de l’argent pour financer une partie de mon album. Ça, c’est un moment que je vais classer dans mes « scènes » favorites!

J’ai tellement passé une belle soirée avec vous, chers amis qui êtes venus m’encourager (et vous divertir en même temps!). Je vous en remercie infiniment. Vous avez été 65 personnes exactement à venir me dire que vous croyiez en moi en me donnant une belle poussée dans le dos. Ça m’a fait du bien et convaincu que nous sommes sur la bonne voie.

Un gros merci aussi à Jonathan Devin qui, afin d’apporter sa contribution au projet « DEVENEZ COPRODUCTEUR », a eu l’idée de nous inviter au pub où il travaille et de concocter un buffet extraordinaire pour tous les gens présents.

Comme quoi la vie n’est pas qu’une course contre la montre, n’est pas qu’un drame dont nous sommes le héros. Chaque petit ou grand moment peut apporter du réconfort et du bien-être. Il suffit d’être attentif à ce qui se passe autour de nous.

Au fond, quand j’y repense, ça devait être pas mal drôle de me voir courir dans les rues de Montréal en essayant de « gérer » ma panique. Je n’ai pas une vie banale, mais même dans ses moins bons côtés, elle est quand même toujours spéciale et amusante (... parfois pour les autres!).

François Duchesne :-P