Les bonnes nouvelles arrivent parfois avec le beau temps. Pendant que le printemps décide enfin de nous chauffer la couenne, une aide essentielle est venue hier me réchauffer le coeur.

Je partais de chez-moi justement pour aller chanter à Québec ce week-end et en allant ramasser mon courrier, je suis tombé sur une enveloppe de la Fondation du maire de Montréal pour la jeunesse. C'est une demande de subvention qu'on a déposé en février dernier pour nous aider financièrement à démarrer notre entreprise à Montréal.

Avec les quelques refus auxquels j'ai eu droit avec le Conseil des Arts et des lettres du Québec jusqu'à maintenant, j'ai vu cette enveloppe comme un mauvais présage. Je me suis dit à l'intérieur: « Un téléphone pour les heureux élus et une lettre pour les perdants... ».

J'ai ouvert l'enveloppe avec difficulté tellement je tremblais et redoutais ce qu'il y serait écrit. Il me semble que je n'aurais pas eu la force, ce jour-là, d'encaisser un autre refus.

Pendant que je cherchais (par habitude) les mots « nous sommes désolés » au début du texte (inutile parfois de lire la lettre au complet), j'ai plutôt découvert le mot « félicitations »!

S'il y avait eu des passants dans la rue, je suis certain qu'ils m'auraient demandé si tout allait bien. En fait, peut-être y en avait-il, je ne sais plus. Dans ma surprise, je n'avais plus conscience de rien autour de moi. Il n'y avait que mes yeux ronds, mon sourire fendu jusqu'aux oreilles et mon air béat qui tapissaient le coin de ma rue.

Et il faisait beau. Quelle belle journée qui s'annonçait... Un autre pas vers mon but.

Une victoire lorsqu'on y est habitué et qu'on a à peine travaillé: c'est plaisant. Une victoire lorsqu'on a essuyé plusieurs échecs et qu'on s'est donné corps et âme: c'est inoubliable.

Bien qu'on ait eu l'aide financière du FMMJ, chaque nouveau coproducteur est encore essentiel pour nous permettre d'atteindre notre but. En cours de route, nous nous sommes rendu compte de l'ampleur d'un projet d'album en découvrant plein d'autres frais que nous n'avions pas planifié.

Et comme nous ne voulons pas faire les choses à moitié et tourner les coins ronds, le montant initial est rendu aujourd'hui à titre symbolique. Nous aurons en réalité besoin de bien plus pour vous offrir un produit de grande qualité.

Par exemple, la semaine prochaine aura lieu la séance photo pour la pochette de l'album et toute la campagne promotionnelle qui en découlera. Bref, des photos qui nous serviront pour les deux prochaines années, minimum. Comme nous ne voulons pas négliger cet aspect visuel important qui sera le premier contact entre un auditeur potentiel et mon album, nous avons engagé un photographe professionnel, une styliste, une maquilleuse et une graphiste.

Tous ces coûts n'étaient pas calculés dans le budget approximatif au départ du projet « DEVENEZ COPRODUCTEUR ». Avec mes anciens démos, j'étais habitué de concevoir mes pochettes moi-même à partir d'une photo prise par un ami, de les imprimer, de les découper individuellement et de les apposer dans les boîtiers. Du travail à la mitaine, quoi! C'est une autre réalité avec un album professionnel.

Je tenais à vous le préciser pour que vous sachiez qu'on a toujours besoin de vous. Et je tenais aussi à vous informer pour la bourse du maire de Montréal afin que vous sachiez qu'on a maintenant l'appui du gouvernement!

On dit qu'une bonne nouvelle n'arrive jamais seule. J'attends donc sagement les autres... et pendant ce temps, je crois que je ferai laminer la lettre! :-)


François Duchesne