Créer un album de A à Z est sensiblement la même chose que de vivre une grossesse. L’analogie entre les deux est souvent évoquée chez les artistes qui sortent un nouveau « bébé », mais je me rends compte aujourd’hui à quel point cette affirmation n’est pas si tordue que ça ! Psychologiquement parlant, bien sûr.

Le processus de production d’un album se déroule sur presqu’un an, tout comme les neuf mois d’une future maman.

Au départ, on apprend la grande nouvelle. On saute de joie, on se met déjà à parler du futur et à extrapoler toutes les avenues possibles beaucoup trop à l’avance, mais on s’en fout ! On surfe sur le bonheur et les rêves qui se pointent à l’horizon. « Quel nom je lui donnerai, à quoi ressemblera-t-il ? Est-ce qu’il sera bon, est-ce qu’il aura une belle et longue vie ? »

Puis vient le travail, la routine, la gestation. On devient inévitablement quelque peu isolé du monde extérieur, trop confortable dans notre petite bulle qui occupe toutes nos pensées. On a envie de parler que de ça, mais on sent qu’on peut légèrement tomber sur les nerfs de notre entourage à la longue.

La première fois qu’on entend son battement de cœur, c’est l’excitation totale, le bonheur avec un grand B. On le raconte à tout le monde, espérant qu’il comprenne - mieux qu’il ressente – ce rythme qui nous insuffle une nouvelle énergie. « C’est tellement beau ! Comme une musique à mes oreilles, j’aimerais tellement que tu l’entendes ! »

Mais pour l’instant, on est encore le seul à bénéficier de ces instants. Ou du moins, un des seuls.

Parfois les nausées surviennent, la fatigue, les éternelles inquiétudes, l’angoisse. « Et si je n’étais pas à la hauteur ? Et si je manquais de ressources pour m’en occuper ? Et si je n’étais pas capable simplement d’y arriver... ? »

Mais heureusement, il y a toujours autour de nous des anges qui sont toujours là pour nous rattraper en cas de crise. On reçoit des cadeaux, des encouragements. « T’es capable. On est là pour t’aider. T’es pas le premier à qui ça arrive. Tout ira bien : t’es entouré de spécialistes dans le domaine. »

Les gens s’informent souvent de notre situation, pour savoir à quelle étape nous en sommes rendus. Dans ces instants, ça nous fait tellement plaisir d’en parler. On peut enfin raconter qu’on l’a senti donner des coups, qu’il a déjà sa personnalité. « Il devrait arriver pour la fin de l’été, si tout va bien. On commence à être un peu fatigué et on a tellement hâte de le voir! »

Vient ensuite la seconde échographie. On peut enfin montrer aux gens une petite photo du futur bébé. Une petite partie. « On voit sa tête, ses bras... Non attends, je pense plutôt que ce sont ses jambes. Oh! Mais c’est un petit garçon! »

Ce n’est qu’un bref aperçu, un premier contact avec le futur bébé, mais on peut déjà sentir que ça arrive réellement, qu’on ne peut plus reculer. Cette fois, c’est vrai : on peut même déjà voir à quoi il ressemblera... si on a une bonne imagination!

Bien sûr, ce n’est qu’une infime partie d’un être. Quand il sera au monde, il sera nettement plus complet et complexe. Il nous fera rire, danser, chanter, pleurer parfois. On espère que tout le monde l’aimera et qu’il aura une grande vie. Mais il y a des choses sur lesquelles on n’a aucun contrôle. Nous on l’aimera, c’est tout ce qui compte!

D'ici là, le travail n’est pas encore terminé. On s’alimente bien, on fait attention à notre santé, on ne se couche pas trop tard. Ce futur bébé dépend encore de nous, il faut donc bien faire les choses. Alors qu’il prenne bien son temps, la vie passe si vite!

L’accouchement aura lieu en septembre. Devant public. On a décidé de faire les choses en grand, et je ne suis pas pudique! :-P

Cette semaine, je vous montrerai la première photo de l’échographie... avec la fierté d’un futur papa!

François Duchesne :-P