Mon père est mon plus grand fan et ce, depuis longtemps. Il était présent le premier soir que j’ai commencé
aux Voûtes Napoléon, pour m’encourager; il était là aussi lors de mes spectacles importants comme
ceux plus banals, devant quelques personnes seulement, à m’attendre tard pour ensuite m’aider gentiment à
ramasser mon équipement et me reconduire.
Ma mère est aussi une admiratrice inconditionnelle, mais n’aime pas trop le monde des bars, le bruit, l’alcool
et les murs qui transpirent aux petites heures du matin. Alors elle se réserve pour les meilleures occasions,
dans les endroits plus confortables comme les salles de spectacle.
Mon père, lui, se plaît bien dans les bars. J’ai de quoi retenir... Je crois même qu’il aurait aimé être chansonnier
dans une autre vie.
A 56 ans, il est aujourd’hui un jeune retraité depuis une année déjà, mais croyez-moi, il n’a jamais été autant
actif ! Après une journée passée avec lui, c’est moi qui suis fatigué, la langue pendant à terre. Lui, il serait
prêt à sortir le soir dans un bar... pour aller m’entendre chanter !!
Même s’il se fait beaucoup de soucis pour ma sécurité d’emploi, pour mon horaire qui n’est pas toujours
évident, pour les saisons où j’ai moins de contrats, pour ma santé qui pourrait nuire à mon travail, pour
les coups durs que j’encaisse parfois, pour les projets que je démarre et qui semblent plus grand que
nature, il est fier comme un paon lorsqu’il me regarde chanter et encouragé par chaque petit pas qui me
rapproche du succès.
Parce qu’il veut que ses deux gars soient heureux et surtout ne manquent de rien, je sais qu’il passe
quelques nuits blanches à s’en faire pour moi et mon frère et essayer de trouver un moyen pour nous
apporter son aide.
Mon père est d’une grande générosité. Celle avec un grand G. Il a toujours été prêt à aider, à rendre
service, à donner de son temps aux autres sans jamais démontrer un signe d’exaspération ou de lassitude.
Et ce n’est pas parce qu’il dissimule ses réactions, je crois simplement qu’il s’épanouit à donner son cœur
pour faciliter la vie des autres, qu’il aime se sentir utile.
Mais ce que je ne savais pas, c’est que depuis plusieurs années déjà, mon père répétait parfois à ma mère,
comme ça, que si un de ses deux gars ouvrait une compagnie un jour, il aimerait bien lui apporter de l’aide,
de temps à autre, en travaillant bénévolement.
Mon père n’est pas le genre à lancer des paroles en l’air. Il est plutôt du type à agir, à passer à l’action et
à mettre la main à la pâte avec enthousiasme.
Cet hiver, il a donc commencé à travailler quelques fois par mois, lorsque son horaire le lui permet. C’est
une jobine sur appel qui l’amène à faire de la route dans la province et à amasser un peu d’argent pour
son chanteur préféré qui est justement en train de récolter des fonds pour produire son premier album !
Vous imaginez ma surprise lorsqu’il m’a appris la nouvelle.
Il n’y a pas de mots pour décrire le sentiment que je ressens d’être ainsi appuyé par mon père. C’est sa
manière à lui de me dire : « Je crois en toi et je t’aime. » En le démontrant par des gestes concrets plutôt
qu’avec des paroles. Et je trouve que c’est la façon la plus admirable de le faire; c’est aussi celle qu’il m’a
enseigné.
Mon père est mon plus grand fan. Mais aujourd’hui, en écrivant ces lignes, je réalise que c’est moi qui suis son
plus grand fan !!
Merci pôpa !!
Franki xx